Pour une Europe respectueuse

L’EUROPE CONTRE LE LIBRE CHOIX
Vous utilisez peut-être des produits ou des services issus de
l’anthroposophie : alimentation biodynamique et produits Demeter, médecine et
médicaments anthroposophiques, cosmétiques et produits de santé naturels.
Quelles que soient vos opinions politiques, philosophiques ou culturelles,
vous appréciez leur qualité et l’éthique qui les sous-tend. Ils sont aujourd’hui
menacés par des contraintes réglementaires européennes de plus en plus
restrictives.

Des exemples significatifs
Une directive européenne (UE96/5/EG) interdit la commercialisation
d’aliments pour bébés (petits pots) sans ajout de vitamines artificielles ( !).
Les produits biodynamiques (sous la marque Demeter), de haute qualité et
riches de vitamines naturelles, se trouvent ainsi exclus du marché.
L’agriculture biodynamique s’est trouvée gênée voici quelques années par
une disposition de Bruxelles (Commission européenne) restreignant l’utilisation
de certains organes animaux. Or, ceux-ci sont indispensables pour l’obtention de
certaines préparations biodynamiques. Si ces mesures se justifient pour des
animaux malades (vaches folles), pourquoi l’interdiction porte-t-elle aussi sur des
animaux sains ?
L’existence des médicaments anthroposophiques qui relèvent des catégories
reconnues par les directives (homéopathie et phytothérapie) est garantie. Par contre,
les médicaments spécifiquement anthroposophiques qui ne disposent pas
encore d’un cadre législatif - malgré les démarches entreprises depuis plus de dix
ans, - risquent à terme de disparaître. De nombreux patients sont concernés.
Les art-thérapies ainsi que d’autres domaines tels que la pédagogie
Waldorf/Steiner, l’éducation spécialisée (pour enfants et adultes handicapés),
rencontrent des difficultés identiques.
Nécessité de législations adaptées
Des cadres législatifs doivent donc être réclamés pour que les innovations
anthroposophiques dans tous les domaines puissent survivre et continuer à
apporter leur contribution à un mode de vie plus respectueux de l’homme et de
la nature.
L’Alliance européenne des initiatives issues de l’anthroposophie / Eliant
lance une collecte de signatures.
Afin que les autorités européennes prennent en compte les services et les
produits issus de l’impulsion anthroposophique, les initiateurs de la Charte
Eliant demandent aux usagers de témoigner de l’utilité sociale et de la qualité de
ces produits et services en signant et en faisant signer l’appel de soutien sur

Pour une Europe respectueuse des citoyens
Les restrictions des législations européennes s’inscrivent contre la Devise
de l’Europe : « Unis dans la diversité ». La Charte des Droits fondamentaux de
l’UE se doit d’être appliquée. Cette devise doit aussi être comprise dans ses
implications culturelles.
Communiqué de Daniel Vialleville, Colette et Michel Pradelle.

Pour signer la pétition :

www.eliant.eu.

Texte de l’interview de Jean-Marie Pelt

 

Jean-Marie Pelt enseigne la botanique et la physiologie végétale à l’Université de Metz..Pharmacien agrégé, né en Lorraine en 1933, il est un botaniste-écologiste-toxicologue français bien connu. Il a fondé l'Institut européen d'écologie en 1972 à Metz. Il Cofondateur en 1999 du CRII-GEN( Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique ), il est aujourd’hui très sollicité par les médias au sujet des organismes génétiquement modifiés (OGM) auxquels il s'oppose fermement.

Il a écrit de nombreux ouvrages traitant du monde des plantes ou de l’écologie. Parmi les  plus récents, citons :

La Solidarité chez les plantes, les animaux, les humains,  avec Franck Steffan, éd. Le Livre de poche

Nature et Spiritualité,  avec Franck Steffan, éd. Fayard 2008 

Introduction à l’entretien avec Jean-Marie Pelt (15 juin 2008 )

Le mouvement anthroposophique publie la pétition ELIANT* pour recueillir un million de signatures. Objectif : peser sur l’Union européenne pour qu’elle ne lamine pas ses démarches “différentes” comme l’agriculture et les produits biodynamiques ou l’enseignement des écoles Waldorf. Cette initiative citoyenne devrait intéresser toutes les approches originales respectueuses du vivant, comme l’homéopathie ou l’agriculture biologique.

* http://www.eliant.eu/new/lang/fr/

L’évolution des législations européennes menace l’existence des contributions originales issues de l’anthroposophie, mais pas seulement. En effet, cette évolution passe de plus en plus du « ce qui n’est pas interdit est permis » à « ce qui n’est pas expressément permis est interdit ».

Cela change tout ! Car, désormais, seuls les producteurs ou les acteurs (publics et privés) bien représentés auprès de la Commission ont droit de cité. Ce qui risque d’écarter nombre de groupes et d’intérêts peu ou pas reconnus par les instances nationales — mais dont l’action peut être bénéfique à la société.

Deux exemples :

Les médicaments spécifiquement anthroposophiques qui ne relèvent pas des catégories reconnues par les directives sur les médicaments risquent à terme de disparaître.

Demeter International a perdu le droit de diffusion sous sa marque d’aliments pour nourrissons (directive UE 96/5/EG) parce que le cahier des charges Demeter n’autorise pas l’ajout de vitamines artificielles, alors que cette directive UE l’exige !

De même, on se souvient du tollé soulevé par la répression mise en oeuvre par les pouvoirs publics français contre le purin d’ortie....

Les organisations internationales anthroposophiques (producteurs pharmaceutiques, thérapeutes, pédagogie Waldorf, patients, consommateurs de produits biodynamiques, médecins ainsi que Demeter International) se sont regroupées en une Alliance européenne d’initiatives issues de l’anthroposophie, Eliant. Objectif : réclamer des cadres législatifs pour que « les innovations anthroposophiques dans tous les domaines puissent survivre et continuer à jouer leur rôle dans la civilisation. L’anthroposophie et les initiatives qui en sont issues sont au centre de la tradition européenne de dignité humaine, de développement individuel et de liberté de choix dans une société multiforme ».

Les initiateurs de la démarche souhaitent que soit créé un cadre juridique permettant à l’anthroposophie de se développer comme en Suisse et en Hollande. En 2004, l’Allemagne a été victime d’un recul dans le domaine de la médecine et des médicaments en raison de la législation européenne. Elle pourrait, et d’autres pays avec elle, retrouver de meilleures perspectives grâce à une réglementation européenne plus favorable.

 

Le soutien de Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi

Les initiatives issues de l’anthroposophie sont mises en œuvre dans de nombreux pays d’Europe. En France, un comité de soutien a été instauré en juillet 2007 pour soutenir Eliant, l’anthroposophie ayant eu à se défendre d’accusations calomnieuses de sectarisme.

Y figurent notamment Jean-Marie Pelt, président de l’Institut européen d’écologie et professeur à l’université de Metz et auteur de nombreux ouvrages traitant du monde des plantes ou de l’écologie ; Pierre Rabhi, écologiste, écrivain ; Albert Jacquard, scientifique, essayiste et généticien ; Lylian Le Goff, médecin, auteur et formateur, etc.

Interrogé par Christina Nidecker, responsable de l’action Eliant en France, le 15 juin 2008, J.-M. Pelt déclare : « L’anthroposophie s’inscrit dans ce courant de pensée remontant à Goethe et qui est un courant de pensée holistique qui envisage les choses dans leur totalité et non en les segmentant. Il n’a pas d’équivalent en France. Dans ce courant on a un rapport très fort avec la nature. L’évangile dit “on juge l’arbre à ses fruits”.  Pour moi, les fruits sont indéniables, parmi lesquels la médecine d’orientation anthroposophique (à laquelle j’ai eu  recours plusieurs fois avec des résultats positifs) et l’agriculture biodynamique, qui est en quelque sorte un échelon au-dessus de l’agriculture biologique et qui donne des produits de grande qualité.

Il est certain que la vision spirituelle arrache à un matérialisme trop étroit, étouffant, caractérisé par la recherche du superflu, par le gaspillage des ressources de la terre. Dès lors qu’un courant spirituel n’est pas sectaire — et l’anthroposophie ne l’est pas du tout car elle donne une grande place au libre arbitre, — ce courant spirituel est recevable».

Nature et Progrès et Biocontact accompagnent également le mouvement.

D’après Jean-Luc Martin-Lagardette

 « Ouvertures », la Lettre de l’honnête homme du XXIe siècle

http://ouvertures.mywebnewsletter.be/img/custom_pics/antroposophie_20081004.jpg Interview sur l’art de la coopération. CHN : JMP :

 

CHN : Vous ne vous lassez pas de dire que nous devons changer de concepts – dans la vie politique et dans le quotidien ; que nous devrions comprendre que rien n’est isolé du tout.

JMP : Pour nous autres Français, un regard et une pensée globale ne sont pas évidents. L’écologie qui pense les choses globalement est une idée partie du monde germanique : bien avant qu’elle ne commence à se propager, l’Allemagne a inventé et promu l’écologie avec von Humboldt qui a été un grand explorateur de l’Amérique du Sud où il allait chercher ce qui fait l’unité de la nature. Il s’agit donc de ce même courant initié par Goethe où l’on a un sens aigu que tout se tient.  

Cela n’est pas présent dans la science cartésienne qui est réductionniste dans la mesure où l’on étudie les phénomènes isolément les uns des autres et où ensuite on ne retourne pas à  la totalité.  

CHN : L’écologie met en avant les liens d’interdépendance entre les êtres, les symbioses, comment voyez- vous cela ?  JMP: Nous les écologistes le savons : la vie donne la vie. Des recherches datant de l’année dernière  montrent qu’une coopération se fait entre les arbres par un filament de champignons entre leurs racines : ce filament de champignons véhicule des nutriments depuis un arbre fort vers un autre arbre sous-alimenté. La nature ne connaît pas seulement la compétition, mais aussi l’art de vivre et de travailler ensemble.  

Le Darwinisme enseigne la survie du plus fort – cette vue a favorisé la philosophie du Capitalisme. Aucun des deux ne s’est aperçu d’un autre principe de la nature : celui de la symbiose ; l’humanité ne survivra que si nous apprenons à apprécier nos différences et à nous en servir pour donner à la vie des qualités de beauté et de bonheur et nous sentir responsables de  la terre.  

CHN: Partout on parle des dangers qui menacent la  biodiversité. 

JMP : Il s’agit surtout de la destruction massive des écosystèmes. Le terme « biodiversité » est mal  choisi : on aurait bien mieux fait de garder l’expression « protection de la nature » car, quand une espèce disparaît, cela peut ne pas paraître trop grave, mais quand on détruit un écosystème — si on bousille les océans, si on assèche des marécages — cela concerne aussi la biodiversité, c’est la destruction de la nature. Si les gens croient que la biodiversité, c’est  perdre un insecte qui n’intéresse personne, c’est différent que si on explique que ce sont les grandes forêts qui brûlent et que des indiens se perdent dans l’alcool

CHN : Quelles solutions voyez-vous ? 

JMP :  C’est un problème de culture, nous avons besoin d’une éthique différente, comme dans la vie quotidienne. Un de mes très bons amis est parti en vacances à Tahiti — il aurait aussi bien pu aller dans le Massif central. Peut-être que vous vous dites qu’il ne faut pas empêcher les gens d’aller où ils veulent. Mais les avions polluent l’environnement beaucoup plus que les bagnoles. Il faut se poser la question s’il est juste d’aller à Sidney pour faire du shopping ou bien à Tahiti sur un coup de tête. Si nous ne nous posons pas de telles questions, notre génération aura créé  des problèmes épouvantables . Il faut un changement de culture : on peut parfaitement aller dans les Alpes et voir Tahiti à la TV où l’on a des images superbes. 

CHN : Qui, à votre avis, peut apporter de tels changements, qui sont les acteurs possibles? 

JMP : Beaucoup de gens et d’initiatives dans tous les pays se battent pour ce changement — il y a donc beaucoup d’acteurs du changement qui se manifestent beaucoup plus vite qu’à l’époque, il y a 20 ans. CHN : Quel est pour vous le rôle du gouvernement dans ce changement de mentalités ?  

JMP : Le gouvernement  est sous l’influence énorme des lobbys : Monsanto, OGM, les paysans pro-pesticides, etc. Des initiatives civiles doivent s’opposer au monde politique.

CHN : L’économie dirige la vie politique. Comment imaginer que notre monde passe d’un monde  socio- économique à un monde socio-solidaire ? 

JMP : Par la pression des associations : il faut des associations extrêmement puissantes et présentes dans le débat public afin qu’un parlementaire puisse s’opposer aux pressions des lobbies. Il faut un mouvement civil citoyen assez fort pour renforcer l’assise des politiciens intéressés par l’écologie, afin qu’ils puissent agir. CHN : Avez-vous  remarqué une influence de l’anthroposophie dans ce processus ? 

JMP : Le ‘Grenelle écolo’  n’aurait jamais marché sans un lobby qui s’est engagé pour certaines valeurs. En pratique tous les écolos seront là, ce n’était jamais arrivé avant,  c’est un élément très important et très nouveau. 

CHN : La France est un pays laïc, où il est n’est pas toujours ‘permis’ de mentionner des concepts (()) spirituels ;; pourtant, vous osez établir un rapport entre des valeurs spirituelles et le changement de paradigme dans le sens de l’écologie.

JMP : L’écolo les porte, ces valeurs, que ce soit l’équité, la diversité, la solidarité, l’alliance Homme -nature - l’écologie porte ces valeurs-là, il faut en être conscient. 

CHN : Ces valeurs écologiques entrent maintenant dans un monde qui était dirigé par l’économie. 

JMP : Cela peut basculer, c’est en train de se faire. Je pense qu’il est très important que le mouvement écolo soit très puissant. Chaque fois qu’on me demande : « Qu’est-ce qu’il faut que je fasse, moi ? », je réponds toujours qu’il faut adhérer à un mouvement tel que Greenpeace : des millions de personnes, cela représente un poids considérable. 

CHN : Les initiatives anthroposophiques y sont-elles présentes? 

JMP : L’Anthroposophie est très peu connue en France, elle est connue plutôt par les écoles Steiner-Waldorf et la biodynamie, mais très peu connue par sa médecine. 

Si vous lisez des livres de R. Steiner, vous avez du mal à faire un lien entre ce qu’il présente et ce que dit la science de nos jours. Les symboles et métaphores sont incompréhensibles pour un scientifique pur et dur, donc ce scientifique conclut : « C’est de la connerie ».  

L’anthroposophie devrait faire le même travail que les églises : expliquer ce que sont les métaphores, mythes et symboles  pour qu’ils puissent être compris. Par exemple, quand Steiner  parle de l’ancienne lune, les gens ne doivent pas penser qu’il y avait deux lunes. Ce serait bien que ce déchiffrage soit l’une des premières orientations  de l’Anthroposophie. 

CHN : Etre compris sur le plan intellectuel ? 

JMP : Non,  mais on devrait expliquer que les métaphores et symboles de Steiner ont la qualité des anciens mythes – il s’agit d’images de réalités spirituelles et non pas de descriptions drôles d’événements réels. Adam et Eve n’ont jamais existé réellement, ils sont une part d’un mythe qui a une puissance forte et révélatrice.   

Il est très important de commencer ce travail du côté du courant de pensée Steiner : les dimensions spirituelles dont les images sont porteuses devraient être expliquées pour que le  monde scientifique les comprenne. La science d’aujourd’hui a un langage positif qui ne porte pas de sens  — c’est pour ça que le monde scientifique ne sait pas comment ‘lire’ des images, comprendre des métaphores.

En conclusion, je souhaite que l’Anthroposophie soit mieux accessible aux scientifiques pour qu’ils puissent voir les profondes connaissances cachées dans le langage d’images de Steiner et pour qu’ils puissent en faire profiter l’humanité, pour la nature et la recherche.

 

 

Pour plus d’informations et signer la pétition : www.eliant.eu ,

chr.nidecker@gmail.comPour recevoir par La Poste des listes vierges de recueil de signatures :

Daniel Vialleville — 2 rue de Saumur

37300 Joué-lès-Tours

CCP N° 7 060 04 X Limoges

Chèques au nom de VIALLEVILLE Daniel

IBAN : FR 78 20041 01006 0706004X027 38 ; BIC: PSSTFRPPLIM

daniel.vialleville@orange.fr

Tel +33 2 47 67 46 79

 


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