EDUQUER VERS LA LIBERTE AVEC AMOUR

Dans toute éducation, il y a toujours des conditionnements à dépasser.
Zeitgeist Addendum Krishnamurti (extraits 8mn)
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QUELS ENFANTS LAISSONS-NOUS A CETTE TERRE?

EST-ce cela que nous voulons?

POUR CONSTRUIRE L'HOMME NOUVEAU

CONSTRUISONS UNE NOUVELLE EDUCATION

 

PÉDAGOGIE STEINER-WALDORF   

http://www.steiner-waldorf.org/ecoles_steiner/avignon.html

 

 

L'école Steiner-Waldorf : Pourquoi ?


La transmission des savoirs ne suffit pas
La crise de l'école montre partout la limite des systèmes d'enseignement qui visent exclusivement l'entraînement de l'intellect et la transmission des savoirs abstraits. L'absence d'un pluralisme pédagogique véritable prive notre pays des expériences et de l'émulation qui pourraient le conduire à considérer des voies de changement insuffisamment explorées jusque-là. L'école Steiner-Waldorf, depuis 75 ans, est fondée sur l'idée de la liberté de l'homme, convaincue que l'amour, la confiance et l'enthousiasme, aux lieu et place de l'ambition, la crainte et la compétition, dotent les enfants de la sérénité et des forces qui leur seront indispensables pour avancer dans un monde incertain, y réaliser leur projet d'existence, en contribuant au progrès de l'homme.

Croire en chaque enfant
Accueillir l'enfant à l'école, cela signifie le reconnaître dans sa personne individuelle, établir avec lui une relation de confiance et de responsabilité dans la continuité. Lorsque ces bases sont posées, l'école peut alors répondre aux besoins fondamentaux de l'être humain en développement qui lui est confié. La tâche de l'enseignant devient alors de favoriser l'épanouissement de chaque enfant dont il a la charge, de l'accompagner vers la découverte de sa voie originale.

L'école Steiner-Waldorf : Pour qui ?


Pour tous les âges, de la maternelle au Lycée
Une école complète, pratiquant la pédagogie Steiner-Waldorf est un établissement intégré : maternelle, primaire et secondaire, accueillant des élèves du jardin d'enfants (trois ans environ) aux classes de lycée. Elle reste à taille humaine : 400 à 450 élèves, 25 à 30 élèves par classe.

Pour tous les publics
L'établissement est accessible à tous les enfants sans distinction d'aucune sorte, ethnique, sociale, politique ou religieuse. L'école Steiner-Waldorf considère que les activités politiques, confessionnelles ou commerciales ne relèvent pas de ses buts. Elle refuse le sectarisme sous toutes ses formes.

Dans le monde entier
Répondant à une demande en constante évolution, cette pédagogie se développe dans le monde entier (voir "les écoles").

Un accueil adapté à tous les enfants
Tous les enfants sont susceptibles de s'intégrer et de réussir dans le cadre de la pédagogie Steiner-Waldorf : qu'ils soient plutôt intellectuels, manuels, artistes ou même qu'ils aient des difficultés particulières. Le dialogue constant entre parents et enseignants permet de définir pour chaque enfant le parcours le mieux adapté.

L'école Steiner-Waldorf : Comment ?


L'unité des cycles d'enseignement pour réussir
L'organisation de l'établissement, de la maternelle au lycée, établit les bases de la continuité, élément essentiel de la progression harmonieuse de l'élève et du traitement préventif de l'échec scolaire. Elle évite les ruptures aux étapes de plus grande fragilité de l'enfant : entrée en scolarité, entrée au collège, adolescence, orientation.

L'accueil périscolaire : le jardin d'enfants
Avant l'entrée dans le cycle primaire, on offre à l'enfant la possibilité de vivre des expériences multiples et riches à travers le jeu, les contes, les rondes, les mouvements, les rythmes, les couleurs, les sons, le chant auxquels il se lie par sa faculté d'imiter l'adulte. Cela favorise un développement harmonieux des facultés préliminaires (spatialisation, etc.) qui va permettre d'installer celles-ci avec plus de sécurité et de profondeur.

Les classes primaires
Les apprentissages proprement scolaires commencent à l'âge de sept ans environ. Un même professeur principal, assisté de professeurs spécialisés (langues, art, activités manuelles, sport), prend en charge une classe d'âge pendant toute la durée du cycle primaire. L'enseignement procède par images vivantes. L'enfant fait d'abord les choses avant de les aborder par l'abstraction.

Le secondaire
Disposant d'une meilleure maîtrise du principe de causalité, l'adolescent peut progresser maintenant vers l'abstraction et développer un jugement réellement autonome. Toutes les matières sont enseignées dans l'optique d'un éveil aux problèmes du monde actuel et à la responsabilité de l'homme en tant qu'acteur dans le monde. L'enseignement est confié à une équipe de professeurs spécialistes de leur discipline qui interviennent dans les différentes classes du collège et du lycée pour garantir la cohérence de l'accompagnement des élèves et de leur progression.

Autonomie et convergence avec l'Éducation nationale
L'établissement recherche une pleine autonomie tant au plan de la pédagogie qu'à celui des programmes. Il s'astreint cependant à rejoindre des paliers de convergence avec les programmes de l'Education nationale de façon à permettre la mobilité des élèves qui la souhaitent.
L'objectif poursuivi est l'épanouissement aussi large que possible de toutes les potentialités, intellectuelles, artistiques, manuelles, corporelles de l'élève. Il n'y a donc pas d'orientation précoce en cours de scolarité. Tous les élèves, quelles que soient leurs capacités, poursuivent ensemble leur scolarité jusqu'à 17 ans. A partir de la seconde, des enseignements optionnels sont offerts aux élèves qui se préparent aux examens.

Des méthodes originales


L'intégration sociale
L'un des objectifs de l'école est de former de futurs citoyens qui trouveront leur place dans la société et de les préparer à enrichir la vie sociale de leurs potentialités et aspirations individuelles. Le respect de chaque enfant doit permettre aux moins doués intellectuellement d'accéder à un niveau de culture générale satisfaisant, cependant que les moins manuels trouvent une stimulation dans l'exercice des activités pratiques et artistiques. Les stages en troisième dans le monde agricole, en seconde et en première dans le monde industriel et social, ancrent leurs connaissances théoriques dans la réalité. Le fait que ces enfants grandissent ensemble pendant plusieurs années permet d'insister sur l'attention aux autres et offre l'avantage de les sensibiliser aux règles qui régissent la vie en société.

L'ouverture sur le monde
Notre société est ouverte sur le monde. Dans la pédagogie Steiner-Waldorf, l'apprentissage de deux langues vivantes commence dès le cours préparatoire. De nombreux échanges avec d'autres écoles Steiner-Waldorf à l'étranger (Allemagne, Angleterre, Canada, États-Unis, etc.) favorisent la consolidation des acquis. Mais la compréhension d'autres cultures commence par l'apprentissage de la nôtre. L'éducation civique et l'histoire de notre civilisation ou celle des religions sont des bases indispensables à l'ouverture d'esprit.

Évaluation des études


Suivi, rapports et notations
Le suivi par le même professeur (instituteur) durant tout le premier cycle offre à celui-ci la meilleure possibilité d'évaluer exactement où se trouve chacun de ses élèves dans sa progression. Les rapports constants des professeurs entre eux et avec les parents permettent de mener à bien les missions d'évaluation. Parce que les notes ne sont qu'un reflet partiel des connaissances de l'enfant, elles sont remplacées, pour le cycle primaire, par un rapport annuel présentant un portrait de l'enfant et de son comportement. Il témoigne du parcours de l'élève et de son atteinte des objectifs fixés, il décrit ses points forts et ses points faibles. À partir du collège, l'adolescent a acquis une maturité suffisante pour ne pas conditionner l'acquisition des connaissances à l'obtention d'une note. Les bulletins sont alors plus fréquents et un système de notation classique est introduit.

Travail de fin d'étude ("chef-d'œuvre")
Pendant la durée de sa douzième classe (1re des lycées), chaque élève est invité à produire un travail individuel sur un sujet original de son choix : réalisation manuelle ou artistique, littéraire, scientifique, technique ou sociale. Ce chef-d'œuvre comporte une partie pratique, une étude théorique et une présentation orale devant l'ensemble de l'école : invités, professeurs, parents et camarades. Là encore l'élève est amené à montrer les degrés de maîtrise et d'autonomie qu'il a atteints et à témoigner de ses aptitudes et résultats.

Les résultats du bac


Moins d'élèves sur le bord du chemin
Une étude menée en 1997 sur les six premières promotions d'élèves issues d'un établissement Steiner-Waldorf venant de se doter des classes de lycée (seconde et première) a montré que 63% des élèves repérés au niveau d'une classe équivalente d'une sixième de collège ont poursuivi leur scolarité jusqu'à obtenir le baccalauréat.
La moyenne enregistrée dans l'Education nationale était de l'ordre de 49% en 1997.

D'excellents résultats au baccalauréat.
Le recensement des résultats sur quatre années (1995 à 1998) dans quatre des écoles qui proposent des classes de collège et de lycée donne le chiffre suivant : 85% de succès au baccalauréat pour les élèves présentés un an après qu'ils ont quitté la classe de Première des écoles Steiner-Waldorf. Ce chiffre passe à 91% si on y inclut les élèves ayant passé le bac deux ans après leur sortie de Première. Le chiffre enregistré par l'Education nationale pour la moyenne des quatre années considérées est 77%.

Sources consultées :

  • "Repères, références, statistiques", édition 1999, Ministère de l'Education nationale, de la recherche et de la technologie
  • "L'école Rudolf Steiner", 3e édition, novembre 1998, Fédération des Ecoles Steiner en France
  • Statistiques des différents établissements Steiner-Waldorf.

 

Rudolf Steiner, une épopée de l’esprit

par Jean-Pierre Lentin
Agriculture biodynamique, pédagogie des écoles Steiner ou Waldorf, médecine anthroposophique, tripartition sociale, eurythmie, cristallisations sensibles, mémoire de l’eau, formes vibratoires dans la nature, on n’en finirait pas de faire l’inventaire des pistes ouvertes par Rudolf Steiner au début du XXe siècle. En fait, nous sommes tous des steinériens qui s’ignorent !

Il en est des penseurs comme de ces sources qui apparaissent et disparaissent au cours des années. Les penseurs connaissent leur heure de gloire, puis leur renommée fluctue au gré des modes intellectuelles. La renommée de Rudolf Steiner, en ce début de troisième millénaire, est paradoxalement modeste.

Paradoxalement, puisqu’il n’y a jamais eu autant de “steinériens” qu’aujourd’hui - si l’on entend par là aussi bien les gens qui se réfèrent directement à Steiner que ceux qui pratiquent ou apprécient une des disciplines qu’il a inaugurées sans en connaître l’ancêtre. J’ai déjà raconté, dans ces colonnes, la vie de cet homme étonnant. On y évoquait le rejeton campagnard d’un père télégraphiste aux chemins de fer autrichiens, la voracité de lecture de l’enfant surdoué (il s’escrime sur Kant à dix ans !), l’étudiant en sciences passionné de philosophie, le compilateur des œuvres scientifiques de Goethe, l’animateur de revues politiques et culturelles, le professeur dans des cours populaires socialistes, l’adhésion à la Théosophie en 1902, les conférences dans l’Europe entière, la rupture avec les Théosophes et la fondation de l’Anthroposophie en 1913, la construction d’un quartier général, le Goethaenum, à Dornach, en Suisse, l’énorme renommée de gourou visionnaire, et les six mille conférences en douze ans, jusqu’à sa mort en 1925.

Mais s’il faut remonter à quelque inspiration unique ou unifiante, un « Steiner essentiel », on le trouvera déjà dans le regard du jeune homme de 18 ans, photographié en 1879, qu’on peut voir en ouverture de cet article. À cet âge, s’il faut en croire son autobiographie, Rudolf Steiner s’est déjà donné le programme de pratiques et d’études qu’il va poursuivre pendant toute sa vie. Il est convaincu qu’il existe un monde supra-sensible ou spirituel, qu’on peut y accéder avec de l’entraînement et qu’il se prête à une étude “scientifique”, ou à tout le moins précise et vérifiable. Il appelle “science spirituelle” ou “science occulte” le résultat de ces investigations. Et si le mot “occulte” nous paraît aujourd’hui un peu suranné, il faut se souvenir qu’en allemand il se décline plus simplement à partir du mot Geheim, qui veut dire secret ou mystérieux.

Un métaphysicien optimiste

Steiner, dans ses premiers livres, se présente en philosophe décidé à en découdre avec les idées dominantes de son temps. Il voue une admiration sans bornes à la science, mais ferraille contre le réductionnisme scientifiste. L’idée, par exemple, que la conscience est une activité du cerveau soumis aux lois de la biochimie lui est insupportable. Steiner croit passionnément à l’existence de l’âme. Son anti-matérialisme viscéral est aussi un refus du pessimisme contemporain. Il veut recréer une “métaphysique optimiste”, où la vie humaine s’insère dans une vaste chaîne immatérielle en évolution constante.

Jusqu’à l’âge de quarante ans, il gardera un silence prudent sur ses excursions dans les mondes invisibles. Pourtant, ses expériences paranormales ont eu lieu dès l’enfance. Il raconte par exemple l’apparition, dans la salle d’attente d’une gare, d’une femme étrange, qui ressemble à certains membres de sa famille et qui lui dit : “Essaie de m’aider tant que tu le peux - maintenant, ainsi que plus tard dans ta vie”, avant de disparaître brusquement. Il n’en parle pas à ses parents. Le lendemain, il apprend qu’une parente vient de se suicider. “À compter de cet instant, la vie de l’âme commença à se développer chez l’enfant, qui lui fit prendre entièrement conscience de mondes d’où, non seulement les montagnes ou les arbres extérieurs parlent à l’âme humaine, mais aussi les Êtres qui vivent derrière eux. À compter de cet instant, le garçon vécut avec les esprits de la nature qu’on observe dans une telle région. Il vécut avec les Êtres créateurs qui sont derrière les objets... et se soumit à leur influence de la même façon qu’il se soumettait à l’influence du monde spirituel.”

La puisance des ondes des formes

Une autre illumination a lieu lorsqu’il a huit ans et qu’un maître d’école lui prête un manuel de géométrie. “Qu’on puisse élaborer des formes qui sont vues de manière purement intérieure, indépendante des sens externes, m’emplissait d’une impression de profond contentement. Je trouvais une consolation au sentiment de solitude causé par tant de questions sans réponse. Le fait de pouvoir saisir ce qui était purement spirituel me procurait une joie intérieure. Je sais que par la géométrie, je fis ma première expérience du bonheur.”

Steiner écrit encore : “Pour moi, le monde spirituel était une réalité immédiate. L’individualité spirituelle de chaque personne m’était révélée dans toute sa clarté... Quand quelqu’un mourait, je le suivais dans son voyage vers le monde spirituel...” Et il décrit ainsi son premier élan de penseur : “Ce qui m’importait alors, c’était de parvenir à expliquer sous forme d’idées parfaitement claires l’impulsion vivante qui anime l’âme humaine. Mes efforts dans le domaine des concepts scientifiques précis m’avaient finalement conduit à voir dans l’activité du Moi humain le seul point de départ possible pour toute vraie connaissance. Je me disais : lorsque le Moi est actif et qu’il observe lui-même cette activité, alors la conscience détient un élément spirituel immédiat. Je pensais qu’il suffisait, dès lors, d’exprimer en des concepts clairs et intelligibles ce que l’on percevait de la sorte.”

Ce mince jeune homme, ressemblant, aux dires d’un contemporain, à un “séminariste sous-alimenté”, va se métamorphoser en une star du mysticisme moderne, imposant le respect dans toute l’Europe. On le décrit alors comme “un homme tranquille, aux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites”. Orateur hors pair et travailleur infatigable, Steiner est capable d’enchaîner trois conférences dans la même journée, sans sacrifier les questions-réponses ni se dérober au défilé des gens qui lui demandent un entretien personnel. Ses biographes estiment qu’il a payé le prix de cette activité débordante par un épuisement et une mort prématurée, avant l’âge de soixante ans.

On trouvera dans les livres de Steiner, qui sont pour la plupart des transcriptions de ses causeries, une multitude de concepts et de descriptions précises qu’il rapporte de ses méditations. Certains enseignements sont tournés vers le concret et l’expérience pratique - c’est le cas des conférences fondatrices sur l’agriculture biodynamique, la pédagogie ou la médecine. D’autres racontent des histoires à peine croyables. On parcourt une “nuit des temps” beaucoup plus longue que l’âge de l’univers - selon Steiner, les âmes humaines ont une préhistoire remontant à des ères où aucun être ne s’est encore incarné physiquement, où tout se passe dans les sphères immatérielles. On y rencontre des anges, des esprits, des entités, des forces d’ombre et de lumière à l’état pur, et la figure de Jésus-Christ, qui marque, pour Steiner, un tournant fondamental de l’histoire spirituelle. Toutes ces informations viennent des Annales de l’Akasha, une notion hindouiste déjà postulée par les Théosophes - une sorte de mémoire cosmique où le moindre événement serait consigné pour l’éternité. On y apprend aussi que l’homme est quadruple, avec un corps physique, un corps astral, un corps éthérique et un moi essentiel qui régit les trois corps. Et ainsi de suite...

De vraies questions se posent

Ces “révélations” posent évidemment problème aujourd’hui. Par quel bout prendre ça ? Comment peut-on y ajouter foi ? Faut-il couper Steiner en rondelles, accepter les intuitions prémonitoires et refuser l’enseignement occulte ? Certes, il est plus facile d’accorder du crédit à des maîtres spirituels issus d’un passé lointain, enveloppés d’un brouillard culturel qui permet de sélectionner à volonté la dimension symbolique plutôt que la réalité. Face à un mystique contemporain, féru, qui plus est, de sciences et de philosophie modernes, on ressent une immense perplexité. Cette perplexité a été parfaitement résumée par l’écrivain Maurice Maeterlinck, son contemporain, dans Le Grand Secret, une enquête sur le fonds commun des spiritualités premières confronté aux différentes religions et sources ésotériques.

« On est tenté de se demander si l’auteur a réussi à éviter le danger contre lequel il prémunit ses disciples et s’il ne se trouve pas lui-même dans un univers créé de toutes pièces par sa propre imagination ; j’ignore du reste si l’expérience confirme ses allégations. En tout cas, il est permis de concevoir une sorte d’“état second” supérieur à celui des hypnotisés, des somnambules ou des médiums, qui procurerait des visions et des intuitions très différentes de celles que nous fournissent nos sens ou notre intelligence dans leur état normal. Quant à savoir si ces visions ou ces intuitions répondent à des réalités d’un autre plan ou d’autres mondes, c’est une question que pourraient seuls trancher ceux qui les ont éprouvées. La plupart des grands mystiques ont eu spontanément des visions et des intuitions de ce genre, mais elles ne seraient vraiment intéressantes que s’il était prouvé qu’elles proviennent de mystiques réellement et totalement illettrés. Tels étaient, soutient-on, Jakob Boehme, le théosophe-cordonnier de Goerlitz et Ruysbroeck l’Admirable, le vieux moine brabançon qui vécut aux xiiie et xive siècle. Si vraiment il n’y avait pas dans leurs révélations de inconscientes de lectures, on y rencontre de telles analogies avec les enseignements, devenus plus tard ésotériques, des grandes religions primitives, qu’il faudrait croire que tout au haut ou tout au fond de l’humanité, cet enseignement existe, identique, immuable et latent, et correspond à quelque vérité objective et universelle [...].

“Pour Steiner, la question ne se pose même pas. Avant d’avoir retrouvé ou cru retrouver en lui-même les vérités ésotériques qu’il révèle, il connaissait à fond toutes les littératures mystiques, de sorte qu’il est à peu près certain que ses visions ne lui furent apportées que par le reflux de sa mémoire consciente ou subconsciente. [...]

Steiner a mis en pratique ses méthodes intuitives, qui sont une sorte de psychométrie transcendentale, pour nous révéler ce qui se passe dans le soleil, la lune et d’autres mondes. Il nous décrit les transformations successives des entités qui deviendront des hommes, et il le fait avec tant d’assurance qu’on se demande, après l’avoir suivi avec intérêt à travers des préliminaires qui dénotent un esprit très pondéré, très logique et très vaste, s’il devient subitement fou ou si l’on a affaire à un mystificateur ou à un véritable voyant.

Dans le doute, on se dit que le subconscient, qui nous a déjà causé tant de surprises, nous en réserve peut-être d’autres qui seront aussi fantastiques que celles du théosophe autrichien, et, instruit par l’expérience, on s’abstient de le condamner sans appel. » La position prudente de Maeterlinck me semble suffire, jusqu’à nouvel ordre. Comme l’écrivait un autre grand Steiner, George, ce qui caractérise les “classiques”, les “chefs d’œuvres” ou les grands génies créateurs, c’est qu’on se trouve face à des ouvrages qui nous lisent, plutôt que nous ne les lisons. Quand nous lisons ou relisons Rudolf Steiner, nous sommes perpétuellement confrontés aux limites de nos croyances et de notre vision du monde.

Il imagine la musique du futur

Une chose est certaine : une authentique beauté ainsi qu’une bonté sincère et profonde émanent des textes de cet homme. D’ailleurs, le sens artistique ou esthétique constitue pour l’auteur une voie d’entrée royale vers la connaissance supérieure, au même titre que l’esprit logique et raisonnant. Passionné de littérature, de poésie, de théâtre, de musique, de danse, d’architecture et de peinture, Steiner accorde à l’art une signification bien plus vaste qu’on ne lui donne d’ordinaire. Et c’est dans ce domaine que j’ai trouvé, il y a quelques jours, une de ces pépites qui forcent l’admiration par leur puissance prémonitoire.

Il se trouve que je débute un blog sur Internet intitulé “À la recherche de la musique de recherche”. Je relis les conférences de Steiner pour un auditoire de musiciens, en 1920, rassemblées dans le livre L’Essence de la musique, et je tombe sur les phrases suivantes, à propos de la musique du futur : “On peut, me semble-t-il, percevoir clairement la tendance qu’ont aujourd’hui les personnes ressentant profondément la musique à pénétrer pour ainsi dire plus profondément dans le son... L’expérience musicale contemporaine tend de plus en plus vers une division intérieure du son, de la note, en plusieurs parties. On demande, pour ainsi dire, à cette note isolée si elle est déjà dans une certaine mesure une mélodie, ou non... Pouvez-vous vous représenter concrètement qu’il soit possible de ressentir éventuellement une note comme une mélodie en pénétrant plus profond en elle, en extrayant de cette note des sons partiels, susceptibles d’être eux-mêmes entendus ensemble comme une sorte de mélodie ?”

Voilà précisément ce que va creuser la recherche musicale à la fin du xxe siècle et de nos jours encore : une exploration des profondeurs du son, à travers les techniques électro-acoustiques, les micro-intervalles, la musique minimaliste ou répétitive ou la dernière en date des grandes révolutions de la musique écrite, le courant “spectral” inauguré en France par Gérard Grisey ou Tristan Murail à partir des années 1970. Steiner, à l’époque, songeait à Debussy et à ses héritiers potentiels. Mais, rétrospectivement, quelle pertinence ! Alors, chapeau, l’artiste...

Bibliographie :

Il existe deux éditeurs francophones de l’œuvre de Steiner, les éditions anthroposophiques romandes, en Suisse, et le Centre Triades, à Paris, qui proposent à eux deux pas moins de 179 titres disponibles ! Parmi les incontournables : La Philosophie de la liberté (son premier manifeste anti-matérialiste), L’Initiation, ou comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs (un manuel pratique), Agriculture, fondements spirituels de la méthode biodynamique (aux origines du mouvement bio).

Contacts :

-  Éditions Triades (également distributeur en France des éditions anthroposophiques romandes) : 4, rue de La Grande Chaumière, 75006 Paris. - www.editions-triades.com
-  Société Antroposophique en France : 2 et 4, rue de la Grande Chaumière, 75006 Paris - www.anthroposophie.fr
-  Maison de l’Agriculture biodynamique : 5, place de la Gare - 68000 COLMAR France - www.bio-dynamie.org
-  Écoles Steiner Waldorf en France : www.steiner-waldorf.org
-  Esprit du temps, revue anthroposophique www.chez.com/espritdutemps/
-  Goethaenum, le Q.G. mondial (en allemand) www.goetheanum.org
-  Anthroposophy Network (en anglais) www.anthroposophy.net



   


   Plus qu’une science ou une technique,

l’éducation est un art qui met en jeu des processus

      de création individuelle ou collective.

L’ÉDUCATION ARTISTIQUE
ET CULTURELLE
DANS LA PÉDAGOGIE STEINER-WALDORF


                    DE L’ENSEIGNEMENT DES ARTS À L’ART DE L’ENSEIGNEMENT

HENRI.DAHAN


« Enseigner l’art, c’est développer une attitude artistique générale qui doit s’étendre dans
toutes les matières, c’est insuffler un « état d’esprit » où l’âme des enfants serait stimulée,
leur nature individuelle respectée, écoutée, encouragée et permettre une ouverture qui
devrait se situer au-delà du « moral », du « politique » ou du « culturel ».
Ce serait former des professeurs, certes, mais pour qu’ils deviennent eux-mêmes
« artistes », créateurs de leur propre enseignement, passionnés au point que leur métier
devienne un don, un art…
Le but n’étant pas, bien sûr, de former de futurs artistes mais de leur permettre d’épanouir
les potentialités créatives que tous possèdent dans la petite enfance, dans une liberté qui ne
subisse ni une doctrine « politico culturelle étatique », ni un soi-disant pluralisme confus,
sujet à toutes les décadences. »
Extrait de « Une enfance en Art », article de Françoise de Céligny, Univers des Arts, déc. 2001

               Chaque enfant est différent. La société a besoin de talents uniques.

    "..........Tels sont bien l’enjeu, le défi d’une pédagogie soucieuse de donner à chacun véritablement
sa chance de développer ses potentialités et de transmuer ces richesses en pierres de
construction d’une société en constante mutation. L’égalité des chances passe par la
diversification et la transversalité des enseignements........"

Et pour s’exprimer en toute liberté, ces talents doivent avoir été perçus et stimulés par les

enseignants............

LIRE LA SUITE..... L’ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE.pdf




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